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Au jour le jour : le pays de l’oxygène rare

Pour prolonger les « Flash back de Philippe » et mieux appréhender les conditions extrêmes dans lesquelles nos deux alpinistes ont vécu :

Florent et Philippe  ont affronté un phénomène physique qui devient redoutable dès lors que l’on est en altitude extrême (+ 5 000 m) : l’hypoxie. Elle entraîne le mal des montagnes, plus ou moins aigu.

La définition de l’hypoxie

L’être humain a besoin d’oxygène pour vivre. Cet oxygène contenu dans l’air est transporté par l’hémoglobine, contenue dans nos globules rouges, et constituant de notre sang.

Si l’apport en oxygène diminue, le sang transporte moins d’oxygène : c’est l’hypoxie. C’est une forme d’asphyxie de notre organisme et des tissus qui le composent entraînant une souffrance cellulaire en particulier aux niveaux cérébral et pulmonaire.

L’hypoxie et l’effort physique

Gouttes de sangLorsque l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue. Lorsque la pression atmosphérique diminue, la pression partielle de l’oxygène dans l’air ambiante diminue. Conséquence : il passe une moins grande quantité d’oxygène dans le sang.

L’oxygène est indispensable à l’effort musculaire, l’hypoxie diminue la performance sportive.

À 5000 m le volume d’oxygène est diminué de 30% ; à 8 000 m de 70%. Pour compenser cette rareté d’oxygène, l’organisme a besoin d’un nombre plus important de globules rouges.

 L’acclimatation progressiveIllustration montagne

Les 10 jours de trek avant l’ascension ont permis aux organismes des équipiers Manaslu 2009 de multiplier leurs globules rouges et d’affronter les derniers 3 000 m de dénivelé dans les meilleures conditions possibles.

L’expérience de Florent et Philippe nous enseigne qu’il existe une grande variabilité individuelle dans la réponse à l’altitude. Pour éclairer la décision de Paulo Grobel, il faut également savoir que pour l’homme, la vie permanente au delà de 4 000 m n’est pas possible ;  l’état de santé, après une phase d’acclimatation, se dégradant au fur et à mesure que le séjour se prolonge.

Au jour le jour : les géants se comptent

Cime, antécime, pic central…

Nombre couramment admis, quatorze est assurément faux si on entend par sommet une cime bien individulisée et suffisamment distante d’une autre. Ainsi, Le Lhotsé Shar (8 400 m) ne serait-il pas qu’une antécime du Lhotsé ; le Yalung kang (8 505 m) un simple gendarme de l’arête du Kachenjunga ; le pic central de ce même Kachenjunga (8 482 m) qu’une simple pointe…?

Manaslu, le 8e sommet du monde

Alors le Manaslu, sommet parfaitement indépendant, est-il le 8e sommet du monde ou le 5e? Quelle importance !! Il faudra pour Florent et Philippe gravir un à un les mètres qui conduisent au sommet.

Visuel montagne de Paulo Grobel

Au pays de l’oxygène rare…
Ils sont quatorze et ce sont des géants.
Des géants de neige et de roc,
immaculés et indestructibles.
Au pays de l’oxygène rare…
dernière marche avant le ciel,
ils nous accueillent au plus près des Dieux.
Du sommet, notre regard embrasse l’horizon des Hommes
et se perd au plus profond de nous.
Du pays de l’oxygène rare…
nous reviendrons…,
forcement différent
!

Extrait du site de Paulo Grobel